« Ils verront de la télévision »

Pendant que nous travaillions sur Une rencontre trop sage, VAPA (Vous n’Avez Pas d’Avis) m’a fait écouter une interview de Marguerite Duras. En 1985, elle décrivait sa vision des années 2000. Un texte d’autant plus magistral qu’il a été dit au fil d’une conversation avec un journaliste. Il fallait le mettre en valeur ! Malheureusement le son de l’interview original n’était pas exploitable pour en faire un morceau.

J’ai proposé à VAPA d’enregistrer le texte en studio. Je me suis appliquée à respecter (autant que ma voix et mon petit accent le permettaient) la prosodie de Marguerite Duras, pour ne rien trahir de sa pensée visionnaire.

VAPA a habillé ces mots d’une musique qui à mes yeux montre l’urgence d’ouvrir notre conscience. Il a collaboré ensuite avec un graphiste pour créer un clip hypnotique et voilà un ovni artistique ! Je suis tellement honorée et fière de cette collaboration qui dépoussière la pensée.

Le morceau est disponible sur toutes les plateformes ( lien pour cliquer sur votre préférée). Et pour le clip, ouvrez les yeux et votre conscience, c’est parti pour un voyage saisissant :

Last but nos least, VAPA a fait vendredi 8 novembre 2019 son premier live à Nantes !
Ils verront de la télévision était du spectacle. Pour découvrir les autres morceaux de l’artiste, c’est ici : enjoy !

Et parce que ça va mieux en le disant : n’hésitez pas à partager si vous aimez.

Ma chaîne You Tube : ici.

Fais ton Audiard ! #AtelierDEcriture

J’ai proposé sur Twitter un défi à mes abonnés : écrire « une proposition inattendue, en moins de 150 mots, style Audiard ».
Voici les réjouissantes réponses et des liens vers les pages de certains auteurs.
Promenez-vous, vous ne le regretterez pas !
Merci à tous les participants, j’ai adoré vos textes.

 

La mort passe son tour

Patron encore un spritz !
Demande la Faucheuse, hips !
Pompette, la vue brumeuse
La Mort est cafardeuse,
Tombée sur un os, oui !
Un entêté d’la vie
Qui n’a pas calanché
Ça la fait bien chialer
– T’as assez bu comme ça
Proteste le patron, las
Le spritz te rend relou
Les autres ont mis les bouts
Rentre chez toi la timbrée
T’es complètement bourrée
– Nom de dieu une mondeuse !
Rugit la malheureuse.
– Ferme la ! Ma femme va v’nir !
Ses paluches vont t’occire
La porte s’ouvre brusquement
La patronne, aboyant :
– On t’entend de l’église !
Tu cherches quoi, la mouise ?
Casse-toi maudite Faucheuse !
Tu n’es qu’une allumeuse
Elle lui met une torgnole
L’autre en perd ses guiboles
Se relève, flageolant
Crache dans sa main deux dents
Attrape, tremblante, sa faux
Fuit, hagarde, le bistrot
S’rétame sur les pavés
Gémit : “Maudite soirée”.

Antoine Finck
La page d’Antoine

 

Crache ta Valda

– La vérité n’est jamais amusante sinon tout le monde la dirait. Et mon petit doigt me dit que malgré tes grands airs et tes belles phrases tu as plus du gugusse qui cherche à desserrer la corde qu’il a au cou que du baroudeur libre comme le vent. Mais crache donc ta valda. Ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule. Et, pour peu que tu me fasses voyager un peu, je t’emmènerai peut-être en orbite

Elle m’avait cueilli à froid avec cette entrée en matière. Plus possible maintenant de lui servir ma soupe habituelle. Malgré ça, cette mousmé me donnait chaud dans le grimpant. Mais il fallait que je change de répertoire, le descendre d’un bémol. Et surtout pas essayer de lui jouer de la flûte. Pour rester dans les parallèles, ce rencard promettait d’être plutôt sportif que musical. Mais j’étais joueur. Et pas de fond de court. J’étais prêt à monter au filet. Le panache ça paie toujours. Balles neuves. Il était temps d’engager.

CoffeeFran
Le blog de Fran

 

Que du léger

L’annonce était passée :
« Recherche hommes originaires de Montauban dégainant facilement, marins barbus capables d’éparpiller façon puzzle.
Et un tonton.
Vous apprendrez certaines répliques cultes et devrez les ressortir aux moments les plus improbables. ».

Olga la polonaise sera présente avec son fouet.

Si on évite son alcool personnel, Olga est très fréquentable.
Entre la poire et le calva, personne ne sait bien ce que c’est.

A sa dernière venue, on avait refait toutes les scènes de la cuisine et elle ne connaissait pas la référence.
« Absolument, y’a aussi de la pomme ! », avait-elle asséné sans rire.

Pour le grisby : Léon et une boîte à l’entrée pour les loufiats.

Côté manger, on restera sur du classique : plat de côtes, paupiettes, civet de lapin, fromage et tartelettes.
Puis une petite crème renversée et une petite glace pour faire passer le tout.
Que du léger.

La cliente sera satisfaite.

John Doe
Suivre John sur Twitter

 

Les questions et les réponses
C’était un cave. Du genre sorti d’un musée de province pour une exposition sur les cons, au Louvre, dont les magazines s’esbaudiraient d’importance. Il en imposait, tant par sa mise de prolétaire qui se serait habillé chez Célio un jour de dernière démarque que par sa conversation où résonnait le vide intersidéral de sa connerie.
Comment BlablaCar pouvait m’avoir envoyé un spécimen pareil ? Pourquoi était-il affublé de ses 5 étoiles et de commentaires enthousiastes des chauffeurs précédents ? Il y avait tant de cons sur les routes ?
Je l’avais embarqué à Limoges et j’étais déjà prête à cramer mes douze points pour en finir plus vite, à 180 dans ma Twingo. A Montauban, à force de faire les questions et les réponses, il est tombé amoureux et a voulu m’épouser. C’était ma première fois. Alors j’ai voulu le tuer, mais avec panache. Et à la Noël j’étais veuve.

Maximilien Kolbe

(Pour lire Maxilimien, achetez bientôt Osez 20 histoires de passion sexuelle, j’y serai aussi ! Découvrez ici la collection.)

 

Le Polichinelle

Tu crois vraiment que je vais te croire ? Tu dis de telles énormités qu’à côté de toi Trump est un modeste prédicateur du dimanche qui est obligé de se payer des placards publicitaires pour attirer du monde dans sa gargote. Ma fille a un polichinelle dans le tiroir et c’est un cadeau d’un Chinois en plus ! Ah c’est une habitude bien française que de raconter des conneries à tout va. Il y a ceux qui disent des bobards et ceux qui les colportent. Ma fille n’a jamais quitté le village, où voudrais-tu qu’elle ait croisé ce fils de l’Empire du milieu  ? Au camping ? Elle rentre tous les soirs à la maison. Comment ferait-elle pour montrer ses roberts à un asiate ? L’après-midi à l’heure de sieste ? Mais comment sais-tu cela mon salaud ? Toujours à fourrer ton œil dans la serrure des autres. Je vais t’apprendre à colporter des ragots.

FetishBar
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Les anglais d’Hélène

Un jour que j me promenait sur le piaf, la clope au bec, suis tombé sur une drôle de donzelle !!!
Ça a fait tilt direct, un avion de chasse la gisquette, bien sur y avait pas mal de singes sur son dos mais mon envie d’aller à la cave était vraiment trop forte.
J venais toucher de l’oseille sur La belle Hélène dans la quatrième à Auteuil, j lui propose mon flouz pour emmener le p tit au cirque !!
Elle cogite.
Elle assimile ..
Elle fait son p tit calcul, elle hésite à mettre les flutes ..
Mais pas folle la guêpe, et plutôt cigale sur le coup, elle me donne l’adresse d’un rad à Bastoche.
Et v la que li piaf se transforme en corbac, les anglais débarquent qu’elle me dit !!!
J’te dis pas dans quel état j’étais !
DHS

 

La descente du barbu
Figure-toi que la dernière fois, y’a un zig qui m’a fait une drôle de proposition.
Son régal c’est la descente du barbu. Le v’la t’y pas qu’il est prêt à raquer une partie de son oseille pour que je passe à la casserole et qu’il me fasse reluire.
Quelle scoumoune ! J’étais joisse à l’idée mais mes ours ont débarqué la veille…J’te dis pas dans quel état j’étais !

Bethy

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Pour rester drôles et doux, fredonnons ensemble :

 

Merci encore et bravo aux auteurs du jour !

Pornalexandrins

A l’occasion du projet Pierre Louÿs, j’ai écrit avec CoffeeFran quelques alexandrins inspirés du Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation.

Nous nous sommes bien amusés ! Fran vous présente un petit poème parfaitement impie sur son blog. A mon tour de vous dévoiler deux textes écrits à quatre mains rigolardes. Enjoy !

*****

AU BAL


Tout danseur qui vous met sa pine dans la main entend garder à cette galanterie un caractère confidentiel. N’appelez pas tout le monde pour montrer ce que vous tenez.

 

– Cette valse, monsieur, me fait tourner la tête.

– En aucun cas il ne faut que cela s’arrête !

– J’aime votre façon de me tenir serrée.

– Vous vous colliez à moi, cela m’a inspiré…

– Votre bras, puissamment, qui enserre ma taille…

– Pour avoir sous les yeux votre gorge qui baille…

– Votre main dans la mienne, qui caresse mes doigts.

– Ils sont poisseux de mouille. Vous en avez fait quoi ?

– Dieu que vous êtes doux et ferme, à la fois !

– Vous me branlez si bien. C’est cela je le crois.

 

*****

Ne dites pas : « Il a joui dans ma gueule et moi sur la sienne. » Dites : « Nous avons échangé quelques impressions. »

– Si je connais Norbert, votre ami de vingt ans ?
Oui, je l’ai rencontré lors d’un dîner dansant.

– Il m’a parlé de vous, carrément élogieux.
Il avait je le crois du foutre au coin des yeux,
Comme vous, ah bien tiens, si je regarde mieux.

– Penseriez-vous alors que nous avons fauté ?
Qu’il a léché mon con ? Que son vit j’ai tété ?
Je ne peux que vous faire cette confession :
Nous avons échangé des considérations

Sur l’actualité et puis la nutrition.

– C’est tout à votre honneur que cette discrétion
Vous ne me trompez pas cependant. Car je sais
Quelle est votre passion pour le fait de sucer
Et qu’il est est un mangeur de figue invétéré.
Mais je ne dirai rien, soyez-en assurée.

*****

Pour lire l’ensemble des oeuvres inspirés du Manuel licencieux (textes, dessins, vidéos, audio…) c’est ici.

Image : L’Armitière

Jalouse !

Quand tu parles à une femme je retrousse mes babines
Elle croit que j’lui souris mais je suis prête à mordre
« Cet homme, il est à moi et si tu l’touches, j’te bute »

Je ne suis pas jalouse, simplement réaliste !
Si je t’adore, chéri, c’est qu’tu es fabuleux.
Dis-moi pourquoi mes soeurs ignoreraient cela.

Ne me regarde pas comme ça ! J’ai juste envie de scalper
Les meufs qui draguent mon mec. C’est pas d’la jalousie,
C’est d’la propriété. Tu penses que j’exagère ?

Je me souviens d’un homme qui me disait : « Camille
Range ce katana, tu vas te faire mal »
Selon lui ma façon de regarder les femmes
Qui s’approchaient de lui présumait un beau scalp
Des tortures raffinées, jusqu’à finir sushi

Peut-être que je suis jalouse ?…
C’est pas joli-joli d’être affublée du titre.
D’autant que c’est à moi que ça fait le plus mal
Car derrière ma colère, c’est la peur de te perdre
Qui me fait trembler fort tout en montrant les dents

Et si je parle clair, mon amour, je t’avoue
Que je suis terrifiée à l’idée que tu partes
Avec une plus belle ou une plus solide

Une qui saura mieux te tenir par les BIIIIIIP
Qui se moquera bien de ce que tu fais sans elle
Assurée que tu l’aimes et confiante en son charme

Allez, rassure-moi, c’est pas bien difficile :
Fais-moi croire qu’tu m’adores et traite-moi en reine
Accepte-donc ma bride et nous serons heureux

[ Image : film Kill Bill, Quentin Tarantino, 2004 ]

Le doux Yamazaki

Contrainte : Miyazaki, lapin, pimpon, brique, couleur, doudou, 20h35, console, 169€.

 

— Je ne suis pas inquiet du tout.

Pimpon semble sûr de lui. En revanche, moi… Il faut dire que c’est seulement mon second casse et que le premier m’a certes rapporté une brique, mais aussi un an à l’ombre.

— Eh bin Doudou, ne fais pas cette tête.

Il en a de bonnes, lui. J’ai mal au bide. Et Doudou, il flippe, comme moi. Reprenons. À 20h35 pétantes, on fonce, on pète tout et vingt minutes plus tard on est sur la route et à nous la belle vie. Si ça foire pas, je serai au Japon pour toujours demain soir.

—Hé, Miyazaki, t’as pensé aux masques ?

— Yamazaki, andouille. Putain, on se connaît depuis vingt piges et tu te goures sur mon blaze. Ils sont posés là.

— Des lapins ? T’es con ou quoi ?

— C’était ça ou la gueule à Trump, et ça, je peux pas.

— On est des voleurs, conno. On fait pas une campagne. Par contre on est censés faire peur.

— Un lapin armé d’une kalash ça te fait pas flipper ?

— Ah ça. C’est plus surprenant qu’un Trump armé. Mais ça fait con. 

— On va parler longtemps de goûts et de couleurs ?

— Bon maintenant ta gueule, j’ai un message de ma petite chérie à 169€ la passe, j’me casse et dans une heure elle me console de ta connerie.

Les autres mots contraints du 10 octobre 2019, c’est ici : https://oulimots.wordpress.com/2019/10/10/s41-10-10-une-contrainte-pas-si-enfantine-que-ca/

Paf !

J’ai encore passé la moitié de la nuit à me masturber frénétiquement sans parvenir à jouir. Ça fait des jours que ça dure, une chasse à l’orgasme qui devient obsédante. Alors quand Alix m’a proposé ce matin de venir passer le week-end chez elle, j’ai accepté tout de suite. Au pire, je me changerai les idées et au mieux…
Elle et moi sommes amantes, parfois, à l’occasion, depuis l’adolescence. D’ailleurs c’est avec elle que ma vie sexuelle a débuté. La première fois, je n’avais que seize ans. Je me souviens de tout.

Perdue dans mes pensées et fatiguée d’avoir trop peu dormi, je sens que ma conduite devient incertaine. Je vais faire faire une pause. A peine garée sur une aire de repos je reçois un message d’Alix : « Ma chérie, je suis tout excitée de savoir que tu arrives.»
« Excitée comment ? »
« Comme tu sais. »
« Arrête, tu me fais mouiller. »
« Montre. »
« Follasse ! »

Et pourtant j’ai envie de lui montrer. Je fonce aux toilettes et m’enferme dans une cabine. J’ouvre ma robe, je prends une photo et j’envoie l’image des mes doigts manucurés écartant la lingerie noire que j’ai choisie pour elle.
La réponse arrive en image : le jean d’Alix ouvert sur sa main enfoncée. Elle se branle. Je retire mon string et riposte avec ma robe relevée sur ma chatte nue.
« La première qui jouit a gagné l’apéro. »

J’ai l’impression d’avoir à nouveau seize ans. Je pouffe et me masturbe en filmant, exagérant mes gémissements pour amuser ma copine. Je finis par jouir un peu mais en vérité ce sont les lèvres d’Alix que je veux sur ma bouche et ses doigts dans ma chatte.

Je sors à peine mes doigts mouillés d’entre mes cuisses quand j’entends deux coups frappés discrètement à la porte. Je toussote pour me redonner une contenance et demande de quoi il s’agit. J’entends une voix d’homme qui questionne timidement :
– Vous allez bien Madame ?

– Oui, oui, merci, ça va.

– Je suis l’homme de ménage. Je vous ai entendue… c’était bien. Je peux ouvrir la porte ?

Je suis confuse et je plane encore alors je tarde à répondre. Conclut-il à un accord ? Il déverrouille la porte avec son passe et l’ouvre doucement.
Il est très jeune et porte un uniforme de la société d’autoroute. Il me sourit avec un regard désarmant. Ai-je affaire à un Ange ou bien à un idiot ? Je me rajuste brusquement.
– Ne vous inquiétez pas, madame. J’ai fermé la porte là-bas. Personne ne peut vous voir.

– Mais n’entrez pas, vous me faites peur !

– Moi vous me faites bander. Je vous ai entendue et j’ai regardé sous la porte. J’ai vu un seul soulier avec un beau talon et la cambrure de votre pied. Comme votre mollet s’agitait, j’ai compris que vous vous masturbiez. D’abord, pour que vous soyez tranquille, je suis allé fermer la porte d’entrée à clé. Je dirai qu’il y avait un gros nettoyage à faire. Ensuite je suis revenu regarder sous la porte jusqu’à votre plaisir. Vous avez joui, c’est ça ? Vous avez crié et mouillé le sol ! C’était vraiment bien. Et ce n’est pas grave, je nettoierai.
Il parle lentement en caressant la bosse qui déforme son pantalon. Il a une diction régulière et des mots choisis. Et cette queue bandée ! J’en meurs d’envie.
Je lui parle comme à un enfant : « Que veux-tu ? ».
Il veut me baiser. Si je suis d’accord. Il ajoute même « s’il vous plaît ». J’éclate de rire. Quelle journée de dingue ! Mais pourquoi pas une bonne queue après tout.
– Approche, je vais te sucer.

Je m’agenouille sur le sol des toilettes – pourvu que ça ne dure pas, le sol est irrégulier et me fait mal aux genoux – et j’ouvre l’uniforme pour sortir sa bite. Elle est épaisse, pas trop longue, aux poils noirs coupés courts. Il est encore un peu mou, sûrement impressionné. Comme je n’ai pas l’intention d’y passer la journée je mouille la verge en y crachant dessus, l’enrobe de salive en quelques coups de langue et la prends dans ma bouche d’un coup, jusqu’au fond. Mon nez touche son bas ventre. Il sent le savon.

Il veut un va et vient mais c’est moi qui décide. J’ai envie de le sentir durcir jusqu’au bout. Je ne bougerai pas tant qu’il ne sera pas de bois. Je l’immobilise en pressant ses fesses contre moi et lève les yeux vers lui. D’habitude ce genre de regard fait bien bander les hommes. Il bande, effectivement, mais détourne les yeux. Je pousse sur ses fesses pour l’enfoncer encore, jusqu’à ce que je hoquette.

Les yeux humides, je me retire pour prendre ma respiration. Puis j’ouvre encore la bouche et j’attends. Il s’engouffre en saisissant ma tête. Ça me plait. Je serre les lèvres comme une chatte étroite. Il baise ma bouche.

Quand il est près de jouir, il se retient et s’éloigne vers le distributeur de préservatifs dont il prélève un exemplaire. J’entends qu’on cogne à la porte, mais c’est trop tard, je veux qu’il me pénètre. Faisons vite. Il enfile le plastique en revenant vers moi. Je me tourne vers le mur et pose mes mains sur la cuvette des toilettes. Ça m’évitera de voir son air stupide. Je relève ma robe sur mon cul nu et j’écarte les jambes. Le garçon, pas pressé, caresse mes fesses et introduit un doigt dans ma fente mouillée.
– Non. Baise-moi vite, tu vas te faire surprendre.

L’argument fait mouche. Il attrape mes hanches et je ferme les yeux. Je sens sa queue appuyer sur mon anus. Le gamin veut m’enculer ! J’ouvre la bouche pour protester mais il force et s’introduit d’un coup. Il est large et ma douleur est vive. Je crie, cet idiot se croit encouragé et il me prend par derrière à sec comme si c’était ma chatte.

Sidération, extase, souffrance ou plaisir, je ne sais plus. Mon esprit se concentre sur sa pénétration. Je ne suis plus qu’un cul se faisant défoncer. Je me penche davantage pour ouvrir le passage et après quelques coups de reins vigoureux il se finit dans sa capote en moi, sans émettre un seul son. Dehors on frappe encore.

L’employé se retire et nouant le préservatif rempli, il me dit « Merci Madame ». Comme si je lui avais offert un goûter ! Il se penche vers la petite poubelle pour déposer sa bulle blanchâtre et sans chercher à échanger davantage, ne serait-ce qu’un regard, il sort en repoussant la porte.

 

Ma bonne humeur s’est envolée.
Ce qui vient d’arriver est absurde.
Comment, à trente-six ans, puis-je me faire sodomiser par surprise ? Par un idiot dans des toilettes ? Je m’offusque.
En plus j’ai mal, maintenant. Il m’a percée comme une brute.
Bien sûr, impossible de me laver. Les clientes, impatientes, ont envahi les lieux et quand je sors des toilettes, je subis quelques regards foudroyants. J’ai presque envie de lever mon majeur.
Je n’ai même pas uriné. Je me sens sale, gluante et je ne décolère pas.

 

Quand j’entre dans ma voiture mon téléphone tinte. Je vois la notification sur l’écran : « Alix – Alors, tu as joui ? » Je jette tout ça au fond de mon sac à main et démarre rageusement.

Je passe vingt kilomètres à maugréer : « Faut-il être conne pour se faire enculer par surprise. Non mais j’y crois pas. Bientôt quarante balais, je me branle en gueulant dans des chiottes publiques et paf ! Sans faire exprès, je laisse un mec me sodomiser parce qu’il demande poliment. Quelle gourdasse ! »

Vivement la langue d’Alix pour adoucir tout ça.

 

[ Image Pixabay ]